dimanche 31 janvier 2010

#12 – Lessivées

Dans les petites choses, il y a des choses plus petites. Et de grandes choses aussi dans les petits détails. Le monde n’est pas bien proportionné.


La même violence, chaque matin, et je n’éprouve aucun remord. Je claque le hublot sans pitié. Vous pouvez bien pleurer, crier, appeler à l’aide, bande de culottes et de chaussettes dépareillées ! Vous pouvez vous cacher au fond d’une taie d’oreiller, vous tapir dans l’un des gras replis du joint caoutchouté, l’eau montera, inéluctable, elle vous submergera, imprégnera vos fibres jusqu’à la moelle, au centre... Et cette poudre blanche, lumineuse, éclatante, se répandra en vous, vous contaminant toutes, comme le fit la peste en son temps sur les hommes... Puis vous serez pressées, battues, vaincues, centrifugées, aplaties par une force tournoyante inhumaine ! Vous demanderez merci. Et quand le bouton rouge signalant la fin du programme s’allumera, j’entendrais peut-être vos plaintes. Si je ne suis pas en train d’écrire un truc sur la lessive.


La parfaite symétrie du 808 le destine à un grand avenir. Comme le 807 paraît gauche et claudiquant, en comparaison... ! Le 888 se marre pendant que j’écris.

2 commentaires:

koukistories a dit…

bande de culottes, j'aime beaucoup !

Anonyme a dit…

Waouh, ça c'est du pastiche. Je dirais bien "du pastiche 51", mais ici, ce serait plutôt du pastiche 807, du genre de ceux que Proust affectionnait, sans mélange !

Je me relis. Tout cela est contourné pour exprimer une idée bien simple : bravo. Pas si simple que ça, de cheviller son propos.

Vous le connaisez depuis longtemps Eric ?

Clopine