jeudi 23 septembre 2010

#196 – Avaricie numérale

Il comptait au matin son immense fortune
Qu’il recomptait le soir aux rayons de la lune,
Et trouvait le bonheur auprès de son argent,
Qu’il tenait à l’écart des bêtes et des gens ;
Brassant à tout propos la trébuchante espèce,
Elle égayait sa vie d’une infinie liesse.


Mais au matin blafard de ce bien triste jour,
Comptant et recompté, l’objet de son amour
Se vit diminué de huit cent sept guinées,
Fruit du rude labeur de tant et tant d’années.


Vivant le jour craintif ne dormant plus la nuit,
On le trouva pendu au nœud coulant d’un huit,
Un tabouret de sept avait roulé à terre,
Repoussé sans doute d’un geste volontaire ;
Et d’une large plaie qu’il avait au côté
S’écoulaient des zéros, libérés sans compter.

4 commentaires:

Lastrega a dit…

Joliii ! Clap ! Clap ! Clap !

Annick Demouzon a dit…

On dirait du de La Fontaine (à peu de choses près)

Annick Demouzon a dit…

On dirait du de La Fontaine (à peu de choses près)

Jean-Claude a dit…

Bonjour et merci, le compliment me touche beaucoup, mais vous êtres trop indulgents...

J'en ai d'autres, vous m'encouragez à les faire passer à Frank ...

A+ Jean-Claude