mercredi 29 septembre 2010

#202 – Candide on line

Cela faisait déjà un petit moment que Candide se posait des questions. Quand il avait été invité sur Facebook par son ami Pangloss il n'y avait pas vu malice, et avait même été flatté qu'on s'intéresse à lui. Petit à petit, les amitiés virtuelles l'avaient aidé à surmonter sa timidité et il s'était constitué un réseau d'amis, démarrant par ses collègues de bureau pour s'enhardir jusqu'à taper le nom de ses écrivains favoris dans le moteur de recherche. Car Candide aimait lire. Beaucoup. Même qu'il n'osait pas trop le dire au bureau, de peur qu'on le traite d'intello. À présent ils étaient tous au courant et l'enviaient même un peu d'avoir autant de contacts. 807 amis, pour un pauvre type comme lui, c'était quand même fort ! Du coup il y avait gagné une forme de respectabilité.


Mais Candide était perplexe. Après l'euphorie des premiers échanges avec des écrivains plus ou moins connus, il avait été déçu. Ils lui semblaient parfois se comporter comme autant de Rois Soleil entourés d'une cour servile d'admirateurs virtuels. Finalement Facebook c'était comme au bureau, comme dans la vie, il y avait des leaders statuant jusqu'à plus soif et ceux qui les suivaient, comme Candide. C'était une foire aux vanités, chacun tirant la couverture à soi sans jamais s'occuper des autres. Candide tout dépité de demandait s'il n'allait pas fermer son compte et tout envoyer balader.


Jusqu'à ce que Cunégonde apparaisse, le poke, et l'ensorcelle.

2 commentaires:

Alain Pierrot a dit…

Fin de l'histoire ?

— Cela est bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver 807 brins d'herbes dans notre jardin.

Ch. Sanchez a dit…

Toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé blablablabal