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samedi 16 octobre 2010

#219 – Doux coma

Le visage de Peter apparaît flouté. À ses côtés un homme en blouse blanche, charlotte bleu ciel sur la tête. Un gros tuyau en plastique transparent s’échappe de ma bouche sèche et pâteuse et me relie à une machine qui bipe. 08h07 indique l’écran vert qui clignote à côté du lit.


La douleur distille son poison, me vrille l’épaule, descend dans l’extrémité des phalanges, remonte le long de ma jambe gauche, me transperce le crâne jusqu’à la racine des cheveux. Vague de feu ravageante, je voudrais retrouver le doux cocon de ouate et la lumière blanche qui m’enveloppait de sa douceur.


La charlotte se penche, les lèvres monstrueuses se rapprochent : « Je suis désolée Madame, mais nous avons dû vous amputer des deux membres ! »

samedi 2 octobre 2010

#205 – Le grand gagnant !

Rallye des gazelles, désert marocain. L’immensité sableuse nous fait entrevoir des flaques d’eau, miroirs de notre imagination. Seul un voile de chaleur nous attend au détour d’un oued.


Les 807 concurrentes, s’arment de courage et juchées sur leurs capots avec boussoles et compas tentent de désensabler leurs monstres à quatre roues vaincus par les dunes.


L’excitation du départ, fait place à la fatigue et la lassitude d’un monde dépouillé et implacable. Dessèchement horizontal, la poussière rouge règne en maîtresse. Le soir au bivouac, les coéquipières divorcent l’une après l’autre en frottant leurs chaussures sur les cordes d’amarrage des tentes. Le combat est perdu d’avance.

mercredi 8 septembre 2010

#181 – Bûcher vivant

Je suis morte dans une prison iraquienne. Mes geôliers m’ont forcée à me mettre à quatre pattes. Puis ils m’ont violée, les uns après les autres, presque méthodiquement. Je criais de douleur, et eux hurlaient traînée, sale chienne, tu as ce que tu mérites. Je ne sais plus combien ils étaient, mais cela me paraissait interminable, alors, pour m’isoler, j’ai commencé à compter les secondes.


Ils sont tous passés mais n’en avaient pas fini avec moi. Ils se sont mis à me frapper avec une barre en fer. Je me suis recroquevillée pour me protéger, le sang coulait sur mon corps, douleur insupportable, je continuais à compter, et ils continuaient à frapper, alternant barre et coups de pied. Mon arcade sourcilière a explosé, je ne voyais plus rien.


Le son d’une porte qui claque puis un liquide chaud. Je pensais qu’ils s’étaient mis à uriner sur moi. L’odeur étouffante de l’essence suivie d’un claquement sec a précédé la douleur atroce et démoniaque. J’étais en train de cramer vivante, j’en étais à ma 807e seconde !