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mercredi 5 janvier 2011

#294 – Carnets

Depuis une semaine, chaque nuit ce même rêve. Vague sentiment d’angoisse pendant la journée. Sans doute lié au sentiment de manque toujours présent pendant ce rêve.


Images fugaces revenues pendant la journée : pépé, la 403. Tenter demain de le noter au réveil.


Gamin dans la 403 du grand-père, une nationale toute droite ; devant nous, une autre Peugeot, identique : même modèle, même couleur ; pépé accélère, lui colle au cul, déboîte ; et tandis qu’il la dépasse, l’impression angoissante qu’il manque quelque chose...

mardi 21 décembre 2010

#285 – Écrivez si m’en croyez !

Chaque nuit, aux environs de trois heures, c’était la même chose : ce réveil brutal, les doigts qui tremblent et la bouche sèche... Et ce vague sentiment d’inquiétude... Ce cauchemar... Toujours le même... Terrible !...


Il entrait dans son bureau, allumait l’ordinateur. Il fallait vérifier. Ce serait vraiment trop con !... Quand il avait envoyé les mails tout à l’heure... l’un à Garot, l’autre à Poiraudeau... L’impression qu’il s’était mélangé les pinceaux... envoyé au convoi des glossolales ce qu’il avait prévu pour les 807...


Le temps de respirer profond pour se calmer... de s’habituer à la demi-pénombre… toujours la lumière du couloir qui filtrait sous la porte... comme quand il était gosse... reconnaître le fauteuil qu’il avait eu le droit d’amener de chez lui... la commode que fournissait l’établissement... la télé qui était là d’office et vous aviez beau dire que vous... lentement comprendre... se réinscrire dans le temps... les médicaments sur la table de nuit… les couvertures marquées du nom de la maison de retraite… et sourire amer aux lèvres se dire que belle lurette qu’ils n’existent plus ces deux blogs !...

dimanche 12 décembre 2010

#276 – Félin, défait l’autre

Les 807 brûlures de cigarettes qu’on venait de lui infliger lui donnait l’allure d’un homme panthère.


Aussi dans sa douleur ne se lassait-il pas de rugir et de fendre l’air, mimant de furieux coups de pattes.


Plus troublant, c’est à la vue d’un bain que l’on faisait couler dans la pièce d’à côté qu’il retrouva soudain mémoire et usage de la parole.

dimanche 28 novembre 2010

#262 – Google blues

Il tapa fébrilement ses nom et prénom puis cliqua sur « Recherche Google ». Environ 807 262 résultats s’affichèrent en 0,21 seconde.


Parcourant les différentes pages, il s’aperçut que l’on comptait beaucoup plus d’homonymes que l’on ne croyait. Et tous ces sites consacrés aux recherches généalogiques. Et tous ceux destinés à retrouver vos anciens camarades de classe. Voilà qui brouillait terriblement les pistes.


Déçu, il se dit qu’une recherche avancée pourrait sans doute mieux satisfaire son ego. Heureux homme qui ignorait encore le profond désarroi qui le saisirait lorsqu’il se demanderait quels mots-clés permettraient de le définir.

lundi 15 novembre 2010

#249 – Écrivez ! qu’ils disaient

Mieux vaut taire le nom de cet écrivain qui 807 fois remit le métier sur l’ouvrage.


Découragé du piètre résultat obtenu, surtout après de tels efforts, notre homme de lettres sombra dans la plus profonde mélancolie.


Hélas, une seule tentative lui suffit pour mettre fin à ses jours.

mercredi 3 novembre 2010

#237 – Mythique

807 belles histoires par jour. Et la vôtre, elle commence quand ?


Il hésitait à cliquer. Commencer une histoire n’est rien, mais lui trouver une fin digne de ce nom...


Qu’on lui demande son numéro de carte bleue le ramena vite à la réalité.

mardi 19 octobre 2010

#222 – Créationniste

Alors qu’il avait déjà réalisé 806 galaxies, le Créateur fut pris d’un doute. Tous ces trous noirs et autres imperfections ne nuiraient-ils pas à son image ?


Tout en se grattant la barbe qu’il avait déjà longue, il réfléchit un moment qui lui sembla une éternité et se dit qu’il continuerait. Après tout, Rome ne s’était pas faite en un jour. Et Paris non plus.


C’est ainsi et pas autrement que fut créée la galaxie 807. Certains, et pas des moindres, la disent aussi parfaite et équilibrée qu’un triptyque.

vendredi 8 octobre 2010

#211 – Journal de tournée (extraits)

10/12/1976 : Inquiet. Seulement le début de la tournée, et déjà ce cauchemar récurrent : en fin de concert, au lieu de scratcher ma guitare sur la colonne d’amplis, m’acharner sur un môme monté sur scène. Me réveille en sueur, avec en tête les cris du public qui réclame un rappel.


23/06/1977 : Sommeil plus apaisé ces derniers temps. Mais guère une solution que de tomber raide déf’ tous les soirs.


14/01/1978 : Bien insister auprès du juge : une idée du tourneur ces 807 dates d’affilée.

mardi 21 septembre 2010

#194 – Journal de camping (extraits)

8 juillet 2010. Six heures du soir. Les Hollandais d’à côté et les Finlandais d’en face sont en train de manger. Un peu plus loin dans l’allée, les Anglais commencent à boire. Je vais à la douche.


9 juillet 2010. Ai pu constater aujourd’hui qu’il était très difficile de lire quand se déroule autour un tournoi de pétanque. Reprendrai L’Ombilic des limbes à la rentrée.


11 juillet 2010. Propos entendu depuis la cabine de douche : « Moi, cette année, j’y suis allé vachement moins souvent au 807... Je sais pas... Depuis qu’ils ont changé de D.J., c’est plus pareil, quoi !... »

samedi 11 septembre 2010

#184 – Colloque Paul Valéry

Nulle part Paul Valéry ne nous dit combien de fois la marquise sortit à 5 heures.


Quant à l’heure de son retour, personne ne semble en mesure de l’indiquer, même de manière approximative.


Un cliché retrouvé récemment dans les archives de l’auteur permet en revanche d’affirmer avec certitude qu’elle habitait au 807.

vendredi 3 septembre 2010

#176 – Odieuse Odyssée

Certes, Ulysse est un valeureux héros. Il ne s’agit pas ici d’en douter. Seulement se demander ce qui se serait passé, à son retour, s’il avait eu à combattre non pas 106 prétendants mais 807 ?


On en fait des tonnes au sujet de son chien le reconnaissant après tant d’années et lui faisant fête... Mais le cabot ne s’était-il pas la veille au soir repu des os que lui jetaient les prétendants ?


À vérifier : Télémaque serait à l’origine du Minitel rose.

mardi 6 juillet 2010

#168 – Journal intime

Après le départ de N., m’être demandé à plusieurs reprises : un « tiens bon » vaut-il mieux que deux « tu l’auras ma main dans ta gueule » ?


807 fois tourné ma langue dans ma bouche. Puis bu un grand verre d’eau.


Aujourd’hui, rien. Tout comme hier.

mardi 29 juin 2010

#161 – Fesse bouc

J’ignorais totalement qui était Alain N., mais nous avions 807 amis en commun.


Étrange paradoxe. Mis bout à bout, ses statuts donnaient l’impression d’un vide insondable. Quant à ses photos de profil, mieux vaut ne pas parler de ces sommets de mauvais goût. Et pourtant il demeurait mon ami.


Et dire que sans toutes ces suggestions de pages plus idiotes les unes que les autres, notre amitié aurait pu perdurer pendant des années.

lundi 21 juin 2010

#153 – Salons du livre

C’était chaque fois la même chose : après avoir dédicacé le 807e exemplaire de son dernier roman, il se réveillait en sueur et le poignet douloureux, soulagé à l’idée que ses tirages ne dépassaient jamais les 400 exemplaires.


Son regard alla de la photo sur la quatrième de couverture à l’individu assis en face d’elle. C’était bien le même.


Difficile de deviner le plaisir éprouvé par tant de personnes à soulever les livres d’une main pour aussitôt les reposer négligemment.

dimanche 13 juin 2010

#144 – Premières fois

On se souvient de la première femme qu’on a tenue dans ses bras, chantait Brassens. Mais de la 807e ?


On se souvient aussi de son premier shoot. Mais pas toujours très longtemps.


Le premier coup lui fit mal. Les autres aussi.

mercredi 12 mai 2010

#112 – You said non sense ?

Oui, sans cette potiche qui l’accompagne partout, ça pourrait encore passer… mais là !... lui, et elle en plus !...


Huis sang hun / huis sans d’eux / huis s’en Troie / huis sang kat / huis sans sein que / huis s’en si ce / huis sang Sète / etc.


Il eut beau faire les 400 coups, et souvent en voir 36 chandelles, il finit par admettre qu’il était loin d’avoir atteint les 807.

mardi 4 mai 2010

#104 – 14/18

À la cote 807, un obus de 75…


Sa dernière lettre écrite au front, et datée du 8 juillet, ne nous parvint que plusieurs semaines après l’annonce de sa mort.


Si peu de lucidité à quatre ans d’intervalle : « en trois semaines à Berlin », « der des der »...

samedi 3 avril 2010

#74 – Histoires de

Wikipédia nous apprend que le 28 mars 807, Charlemagne célébra la fête de Pâques à Aix-la-Chapelle. Quant à ce qu’il fit le lendemain, l’encyclopédie en ligne ne nous en dit rien, démontrant par là-même les limites du savoir mis en ligne.


La même page nous informe que cette même année, en Chine, la monnaie de papier est reconnue à côté de la monnaie de métal. Les encyclopédistes du web oublient cependant de prendre en compte une conséquence essentielle de cet événement économique : l'allégement, puis la lente disparition du bas de laine dans le costume traditionnel chinois.


À signaler enfin, toujours en cette même année, la décision du calife Haroun ar Rachid d’envoyer une ambassade auprès de Charlemagne (encore lui), avec, parmi les nombreux cadeaux apportés, une horloge. Ce qui, sous réserve de vérifications ultérieures, pourrait conférer une origine moyen orientale au célèbre coucou de la Forêt-Noire.

vendredi 12 mars 2010

#52 – Mille et un matins

Au matin de la 807e nuit, Schahriar eut un mauvais pressentiment : la petite semblait à ce point fatiguée... Tout laissait croire qu’elle était prête à renoncer.


S. était tellement lasse... Rentrer ainsi chaque matin aux aurores. Dormir tant bien que mal tandis que les bruits de la ville autour... Et si elle laissait tomber ? Si elle l’envoyait paître, le Schahriar ? Si la nuit prochaine, elle l’insultait, le fameux sultan, au lieu de lui raconter des histoires ? Parce que, bon, ce n’était pas une vie ! Surtout qu’encore 194 nuits à tenir !...


Nul, dans l’entourage de Schahriar, ne comprit pourquoi, voyant revenir S. pour la 808e fois, il poussa un immense soupir de soulagement.

lundi 15 février 2010

#27 – Désarroi à l’Intérieur

« Parce que, les Français, ils m’ont pas élu pour laisser les criminels en liberté. C’est pas ça, mon job ! Alors, moi, je vous le dis, sérial kilère ou pas, et ben ça suffit ! Et d’ailleurs, aujourd’hui, devant vous, je m’engage personnellement – personnellement, vous entendez bien ? – à ce qu’il n’y ait pas de huit cent septième victime !... »


Parfois, il se demandait si, au moment de s’éteindre, il parviendrait à briller une dernière fois.


La douche froide est-elle un gage d’hygiène mentale ?